Comment reconnaître une dérive sectaire ?

Le Reiki, comme beaucoup d'activités qui sortent des circuits règlementaires, est souvent associé à une pratique sectaire.
Il faut d'abord préciser que ce n'est pas l'activité qui peut définir une secte, mais la gestion de l'activité qui en est faite.
Ainsi, la malheureusement célèbre secte du temple solaire avaient comme activité principale à ses début ... l'homéopathie. Qui associerait l'homéopathie à une secte?
Cette porte d'entrée servait à "recruter" des adeptes qui étaient conditionnés, embrigadés et pris au piège dans une organisation bien préparée où les dérives en tous genres étaient légions (violences, abus sexuels, extorsions de fonds, lavage de cerveaux etc.).

En France, un organisme gouvernemental veille à ce que ces dérives ne se développent pas : Il s'agit de la MIVILUDE (Mission Interministérielle de VIgilence et de LUtte contre des DErives sectaires). Garante des débordements en tous genres, cette mission analyse et recense les dérives qu'elle identifie principalement par des signalements. Elle rédige chaque année un rapport annuel a destination du Premier Ministre sur l'état des dérives sectaires en France.

Cet organisme, à force d'étudier et de disséquer le fonctionnement des sectes, a élaboré une liste indicative de critères que l'on retrouve dans la quasi-totalité des sectes, et ce, quelle que soit l'activité mise en avant.

 

Les critères de dérive sectaire

En France, certains auteurs, les associations antisectes (UNADFI, "Indices et critères pour reconnaître une secte" ) et la MIVILUDES ont établi des critères de dérives sectaires. La MIVILUDES, tout en reconnaissant la difficulté d'« appréhender la notion de dérive sectaire », en propose huit :

  • la déstabilisation mentale ;
  • le caractère exorbitant des exigences financières ;
  • la rupture avec l’environnement d’origine ;
  • l’existence d’atteintes à l’intégrité physique ;
  • l’embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l’ordre public ;
  • l’importance des démêlés judiciaires ;
  • l’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels ;
  • les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics.

Sans aborder les domaines suivants (les tentatives d’infiltration des pouvoirs publicsl’importance des démêlés judiciairesl’existence d’atteintes à l’intégrité physique, l’embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l’ordre public, le détournement des circuits économiques traditionnels) pour lesquels l'association est étrangère, il est intéressant de s'attarder sur les autres critères, que l'on retrouve selon la MIVILUDE dans 95% des sectes.

La déstabilisation mentale : Il s'agit du critère majeur présent dans l'ensemble des sectes. Fidéliser à l'extrême l'adepte pour qu'il ne réfléchisse plus par lui-même mais obéisse de façon aveugle aux consignes (je devrais plutôt dire aux injonctions) du gourou, chef incontesté de la structure et adoré par les fidèles. La seule rédaction de cette phrase me fait sourire quand je pense aux échanges que nous avons en soirées ou durant les stages.

Petit complément d'information sur le terme Gourou (source wikipedia) :

Guru ou gourou est un terme sanskrit qui signifie « précepteur », « guide spirituel », « maître ». Il désigne, en Inde, un enseignant reconnu de la religion, de la spiritualité, de la danse, de la musique ou de tout autre domaine de connaissance. Dans le domaine spirituel, le guru est l'initiateur ou le leader d'une école de pensée autoproclamée ou traditionnelle dans le cadre d'un âshram ou gurukula. Les rapports entre le guru et le disciple (chela) sont ceux qui existent entre un patriarche et un jeune enfant, ce dernier devant libérer son maître des tâches du quotidien (lessive, cuisine, ménage) en échange de l'enseignement qu'il reçoit, ce contrat étant considéré, en Inde, comme faisant partie de l'apprentissage.

Le terme est également à l'origine du mot gourou, utilisé depuis le milieu du xxe siècle d'une façon plus ironique ou péjorative, en Occident seulement, pour désigner un maître à penser, un expert, un manipulateur, ou plus généralement une personne qui réunit des adeptes.


L'association prône la liberté d'opinion et la simple lecture de la charte éthique balaie le moindre doute quant à cet aspect dégradant :

Extrait de la charte éthique :

  • Les degrés de la méthode Reiki Usui constituent des niveaux dans l'apprentissage de la méthode et la pratique de celle-ci sur soi-même et sur les autres, et non une hiérarchie. Il s'agit d'une progression.
  •  L'enseignant reiki ne doit pas établir une hiérarchie entre ses élèves ni se placer en position de supériorité par rapport à eux.
  •  Un enseignant reiki est une personne qui a suivi l'enseignement de la méthode reiki jusqu'au plus haut niveau (Shinpiden, souvent appelé Maîtrise), et l'a pratiquée sur elle-même avec succès.
  •  Le degré de maîtrise de Reiki (niveau enseignant) ne permet d'avoir aucun ascendant moral sur qui que ce soit, praticiens reiki, étudiants ou receveurs.
  •  L'initiation à la maîtrise de Reiki ne confère aucun pouvoir.

[...]

  •  Devoir d'accompagnement : Un enseignant reiki doit assurer un suivi auprès de ses élèves, en particulier pendant les premières semaines et les premiers mois suivant l'initiation, dans la mesure des désirs et besoins de chaque élève. Pour cela, il se met à disposition de ses élèves pour répondre aux interrogations qui pourraient survenir durant ces phases spécifiques. Il n'y a aucun suivi obligatoire, seulement une possibilité pour les élèves qui le souhaiteraient. L'enseignant laisse ses élèves évoluer à leurs rythmes, restant à leur disposition pour les renseigner ou les accompagner dans leurs cheminements.
  •  Un enseignant reiki ne pousse jamais quelqu'un à suivre une formation de reiki et ne harcèle pas ses élèves pour qu'ils passent le niveau suivant. Le libre arbitre de chaque élève est totalement préservé concernant tous les domaines de sa vie, aussi bien que son apprentissage de la méthode reiki.

[...]

  • Un enseignant Reiki ne demande jamais à son élève de faire quoi que ce soit qui soit contraire à la loi ou à la morale.
  • Un enseignant reiki doit encourager le discernement, la réflexion, l'expérimentation et la compréhension personnelle de ses élèves. Il n'impose aucunes croyances ou façons de voir qui lui sont propres.

 

Le caractère exorbitant des exigences financières : La simple lecture des tarifs pratiqués par l'association et la comparaison avec les structures du même type répond simplement à cette question. Dans le rapport 2017 de la MIVILUDE, il est noté la pratique d'un structure pratiquant le Reiki (et oui, il y en a qui répondent aux critères ci-dessus) qui propose la formation 3ème degré à 10.000,00 €. A titre de comparaison, cette même formation est proposée à 180,00 € au sein de l'association. Il n'est pas nécessaire de détailler plus ce domaine.


La rupture avec l’environnement d’origine : Cet élément est également très important dans une secte. C'est un critère qui permet de fidéliser l'adepte et de s'assurer soumission et rentrées financières régulières sans contrôle des proches. On en revient toujours à l'argent. Une phrase de la charte éthique illustre l'attention portée à cet aspect fondamental du développement personnel :"Le libre arbitre de chaque élève est totalement préservé concernant tous les domaines de sa vie, aussi bien que son apprentissage de la méthode reiki. Un enseignant reiki doit encourager le discernement, la réflexion, l'expérimentation et la compréhension personnelle de ses élèves. Il n'impose aucunes croyances ou façons de voir qui lui sont propres."

 
Si à la lecture de ces éléments vous souhaitez vous faire votre propre opinion éclairée, vous êtes le bienvenue aux soirées mensuelles, dont un des objectifs est de démystifier ce qu'est réellement le Reiki, ce qu'il apporte, ses limites et ainsi vous faire une opinion personnelle sur cette pratique méconnue car beaucoup plus jeune que les autres techniques qui travaillent avec l'énergie comme le Taï Chi, le Qi Gong, le Shiatsu, le Yoga ou d'autres moins répandues.